lundi

Le droit de se tenir à distance (Louis Pauwels : "L'apprentissage de la sérénité")





Un peu de philosophie après cette abondance de jouissance, d'hédonisme, de consommation à outrance. Les fêtes sont derrière nous et le mois de janvier, avec ses bonnes résolutions, nous donne le droit (et le devoir ?) de "méditer".

Je me réfère une nouvelle fois dans ce message à l'ouvrage de Louis Pauwels qui dans le chapitre traitant de "La distance et la Sérénité"  revendique le droit de se tenir à distance.


Je cite :

""" Sommes-nous à l'âge des masses ? Plus sûrement à l'âge des meneurs. Ils tentent de nous persuader qu'il n'y a de conscience que politique.  Ils appellent "prise de conscience" le consentement de la conscience à n'être que politique. Mais la conscience n'est ni de gauche, ni de droite. Elle est ailleurs.

Et c'est justement la résistance à n'être qu'une conscience-ceci ou une conscience-cela qui fonde la conscience. On me dit : "Mais vous êtes tout entier concerné !". Non. Ma part la plus profonde n'est pas concernée. La liberté enfin n'est rien, si elle n'est aussi la liberté de distance. Tant qu'il y aura des hommes qui éprouveront leur faculté de distance comme l'essentiel, la société restera vivable.....

.... Les puissants de ce monde qui laissent une trace honorable et dont la mémoire touche le coeur des peuples ont fini loin de l'action, dans le désert et la considération distante des affaires du monde. Leur puissance retomba. Ils n'en furent pas atteints. Ils subirent leur exil avec indifférence, énergie, unité. Charles Quint au couvent de Yuste. Napoléon dans son île. Clémenceau au bord de l'océan. De Gaulle à Colombey.... Leur exil fit leur vrai sacre. La grandeur de tout laisser et de s'en sentir bien..... "Avez-vous remarqué disait De Gaulle retiré, qu'aucune grande question ne trouve sa solution ?". """

Et je poursuivrai ce message toujours dans l'esprit du maintien à distance en citant un autre paragraphe qui traite de la lecture et la liberté ". Ne pas être constamment "sous presse". L'ère du virtuel n'étant pas d'actualité dans ledit livre de Louis Pauwel, je me permets, humblement, d'englober dans ce chapitre le joug que représente pour nous  la médiatisation télévisée et informatisée.

""" La presse est une arme politique. Et la presse prétendue non politique est une arme métapolitique. Je n'y vois pas de quoi hurler, considérant les choses comme elles sont. Le monde étant, comme toujours, en guerre,  la plus grande partie de notre existence se passe sous les armes. Les armes en papier font partie du matériel moderne. Du moins, le nez fourré dans les journaux, sachez que vous êtes un enrôlé volontaire. Il faut savoir ce que l'on est et ce que l'on fait..
Mais cette forme de guerre (à laquelle vous consentez ; pour laquelle vous versez plus francs (euros) par semaine ; sur le front de laquelle vous montez cinq, six heures ou plus par semaine) est tout de même assez libérale. Il est permis, en effet, de déserter.
On peut faire des cures de pacifisme. Si vous n'usez pas largement de cette libéralité (désertions et cures autorisées) ne vous plaignez pas d'être manipulé, robotisé, enrégimenté. ....  Je ne crois qu'aux hommes qui éprouvent la profonde nécessité, durant quelques jours, quelques semaines ou quelques mois, de n'être pas sous presse, de se tenir à l'écart de l'actualité. """""



J'ose donc affirmer que nous sommes agressés,  avec notre entier consentement bien sûr,  non seulement par la presse écrite mais également la médiatique audio-visuelle et numérique.
A nous d'y mettre un frein et de passer à autre chose. Serait-ce si difficile  de ne pas se laisser manipuler ???

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