lundi

Où il est question de désir ... et de plaisir - André Comte-Sponville



Un peu de philosophie (après la tarte aux abricots) - eh oui !! où il est question d'hédonisme :  (Terme de philosophie : système qui fait du plaisir le but de la vie.

"L'hédonisme n'est pas une doctrine ; c'est un fait de nature "

Je cite dans ce message un passage de l'introduction à la pensée de "Svâmi Prahnânpad - clic  " "De l'autre côté du désespoir" par André Comte - Sponville - clic. -
Editions Accarias - L'ORIGINEL


"" .... Il ne suffit pas de jouir. Il faut comprendre que le désir, même dans la jouissance, ne peut être satisfait. "Vous pouvez dire que le désir est détruit quand l'objet du désir est atteint, et quand, en même temps, vous réalisez également que le désir ne peut pas être satisfait. C'est à cette seule condition que le désir est détruit."

C'est ce que Prajnânpad appelle bhoga, qui est la jouissance complète et désillusionnée. Renoncer ? Non pas : "Il ne s'agit pas de renoncer à ses désirs. Il faut simplement s'en rendre libre." Se détacher ? Jouir ? L'un et l'autre : l'un par l'autre. Quelle est la règle et quelle est la loi ? La règle est que chaque être vivant recherche le plaisir. L'homme également (...). Ne cherchez pas à supprimer vos désirs.
Cela mène inévitablement au désastre."  Aucun ascétisme ici :

"Un désir ne peut disparaître de lui-même sans recevoir la satisfaction qui lui est due. La nature du désir est telle que vous devez le satisfaire, sinon il prendra sa revanche et vous détruira. Vous ne pouvez pas toujours le repousser."

C'est vrai spécialement de la sexualité. Non seulement elle n'est pas coupable (si elle l'était, toute vie le serait), mais elle est l'origine, nous y reviendrons, de toute énergie, de tout plaisir, de toute action. La sublimer ? Oui, puisque tout vient de là et ne peut s'y enfermer. Mais la réprimer, non, cela n'aboutit qu'au refoulement ou à l'obsession. Il s'agit de jouir, mais de jouir complètement : "Une seule jouissance et vous êtes libre. Mais vous ne savez pas jouir ... vous ne savez pas prendre .. Vous ne savez pas goûter, vous ne savez pas donner ... vous restez toujours en retrait... Jamais entier et complet dans ce que vous faites ..."

C'est qu'on désire toujours autre chose. Jouir complètement (bhoga), c"est jouir désespérément, et comprendre du même coup, c'est tout le paradoxe du plaisir, qu'aucun désir n'est jamais satisfait. Pourquoi ? Parce qu'il est infini, ce qui exclut qu'aucune chose finie puisse le combler. Parce que sa satisfaction 'dépend de l'extérieur', qui n'a que faire de nos désirs. Parce qu'il voudrait durer, quand le plaisir même l'abolit. Parce qu'il désire la permanence, quand tout est impermanent...   "Comment alors le désir pourrait-il être satisfait ? Il ne peut pas l'être. C'est un fait." Mais ce fait pour qui le voit et l'accepte, nous en libère : La seule façon d'être satisfait, c'est de jouir et de comprendre - dans la jouissance -  qu'on ne peut l'être.
"Non pas abandonner, dit Swâmiji, mais laisser l'abandon se produire". Pauvres débauchés qui courent après l'orgasme ! Pauvres puritains, qui le fuient ! Heureux sage, que le plaisir libère ! Complètement ? Définitivement ? Je ne sais pas. 

"L'épanouissement n'est pas obtenu par la réduction de nos appétits sensuels disait Spinoza, mais c'est au contraire cet épanouissement qui rend possible la réduction de nos appétits sensuels."

Le fait est qu'il y a une chasteté, chez Swâmiji, ou plutôt une paix, qui semble libérée et du manque et du refoulement. Comme si la sexualité avait cessé d'être son problème. Comme si elle n'était plus qu'une forme, toujours en repos, de la solution ... 


Cela ne tentera guère nos contemporains ni ne me tente. Mais c'est peut-être que nos sexualités restent insatisfaites, et vouées pour cela, indéfiniment, à la répétition et au manque .... ""

Et voici pour les courageux qui sont arrivés jusqu'ici : "où il est question de désirs et d'épanouissement dans le mariage !"


"Considérant votre situation  telle qu'elle est, essayez autant que possible de satisfaire vos désirs." Telle est spécialement la fonction du couple : "Pourquoi le mariage est-il si important pour atteindre le but de l'existence ? Parce qu'un homme seul ne peut pas jouir de la douceur. (...) Le sens du mariage est d'aider à atteindre le but de la vie ; c"est le moyen de satisfaire tous ses désirs. La raison en est qu'expérimenter la douceur  dans toutes les sphères de la vie n'est pas possible ailleurs. (...) On appelle Rati la jouissance physique, et Priti la jouissance mentale. Expérimenter profondément Rati et Priti, l'expression complète du désir (kâma) n'est possible que dans l'union de l'homme et de la femme. le mariage est le seul passage vers cette union".

Et pour terminer je dirais "Gare à la manipulation des pubs qui utilisent à outrance cette philosophie en créant bien des désirs dans nos petits cerveaux. Les messages publicitaires foisonnent d'ailleurs du terme plaisir qui "doit"être considéré comme une religion ou une vérité de vie. "Faites-vous plaisir !" tel est leur slogan ... pour vendre ....

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