samedi

Les eaux Thermales en Auvergne au 19è siècle


J'ai passé trois semaines à Vichy et au terme d'une cure que je qualifierai largement de "bénéfique",  je me sens revigorée pour une belle année, en forme, d'attaque et pleine d'optimisme. (A Vichy : clic ici)

Curieusement et sans préméditation,  je suis confrontée à la lecture d'un roman portant en partie  sur la vie thermaliste au 19è siècle. C'est Jean Anglade qui dans "l'Ecureuil des vignes" dresse le portrait d'un homme volontaire, passionné, dans une campagne auvergnate attachante qui vit au XIXe siècle les balbutiements de la médecine.

Sylvain Sahut, le héros de ce roman, arrive au Mont-Dore où il se spécialisera dans les eaux thermales.

Voici quelques extraits pour le moins surprenants quant à la vision du thermalisme au XIXe siècle :


""
Entretien entre Sylvain Sahut et son prédécesseur :

- Avez-vous étudié spécialement les eaux thermales ?
- Pas spécialement. Mais je suis tout disposé à le faire.
- Savez-vous les éléments minéraux qu'elles contiennent ?
- Non.
- Moi non plus. Nous soignons à l'aveuglette. Beaucoup d'ignorants réussissent là où de plus savants ont échoué. Fiez-vous à Garric, mon baigneur en chef. Il n'a étudié en aucune école de médecine. Mais il vous enseignera les bonnes pratiques. Les bonnes température qu'il mesure avec son coude selon le mal qu'il veut traiter. La durée des bains, la quantité des breuvages, des lavements, des inspirations. Car nos malades doivent absorber l'eau par tous les orifices. ......

Dans les établissements thermaux :

La dame disposait d'une baignoire en pierre d'un beau poli sur laquelle était disposée une sorte de civière horizontale à claire-voie. Elle s'allongeait là-dessus avec l'aide de sa "baigneuse". Celle-ouvrait les ajustages de la douche. L'eau ruisselait sur son corps nu. La baigneuse retournait sa cliente comme un hareng sur le gril.
Il arrivait parfois qu'au cours de ctte opération le docteur fit son entrée. Il heurtait la porte d'un index léger et la poussait sans attendre de réponse.Si une dame se montrait offusquée de cette entrée in discrète, il répliquait :
Madame, sachez une cose : dès l'instant où vous avez choisi de venir vous soigner chez nous, vous m'avez remis aveuglément le soin de votre corps pour la durée de la cure.  Au surplus, depuis trente-huit ans que j'ai la responsabilité de nos eaux thermales, je vois du matin au soir des malades deux deux sexes tout nus. Et je les regarde du même oeil  qu'un marchand de bestiaux examine les vaches à la foire.
... Après la douche, venait le bain proprement dit. Immergée jusqu'au menton, la dame savourait les caresses de l'eau montdorienne qui conférait à sa peau une douceur de satin; de sorte que pendant cette opération  elle devait comme amoureuse de sa propre chair, et qu'elle prolongeait la trempette autant qu'elle le pouvait. Mais une clochette résonnait. Elle devait échapper à ces délices ......

Une curiste célèbre

La curiste la plus assidue était une dame de petite taille, les yeux sombres, les cheveux noirs, les lèvres épaisses, portant pantalon et fumant le cigare ou la pipe comme un homme. Inscrite sous le nom d'Aurore Dupin mais divorcée, elle était connue dans le monde  des lettres sous le pseudonyme de George Sand ; Elle restait six ou sept semaines, se promenait dans les environs à cheval ou à dos d'âne, puis repartait en laissant tomber une pluie de pourboires.  ""

Le thermalisme n'a pas  vraiment évolué. Les établissements thermaux, de conception bien entendu plus moderne,  ont  néanmoins conservé certaines pratiques du 19e siècle et les soins à peu de chose près sont  prodigués de la même façon....

...  j'ai été bien surprise de le constater à la lecture de ce roman ....

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