jeudi

Rester à sa place


Extrait de "Imparfaits, Libres et Heureux" de Christophe André (Ed. Odile Jacob)

Lors des marches en montagne, j'aime bien suivre les sentiers. D'abord parce que c'est reposant. Ensuite parce que cela permet d'admirer le paysage ; pourquoi faire la balade sinon ? Et enfin parce qu'il me semble que lors de ces moments, ma place est là, sur ces sentiers tracés depuis des millénaires par les humains dont je descends. J'éprouve un réel plaisir à suivre ces chemins. Lorsque je fais ces randonnées avec ma troupe de jeunes cousins, les choses se passent parfois dans une ambiance différente. Comme ils sont plus jeunes, plus sportifs, plus "parisiens", ils cherchent souvent le "tout droit" pour arriver plus vite au sommet. Je refuse presque toujours de les suivre. Pourquoi vouloir arriver plus vite en haut ? Et surtout pourquoi se priver du plaisir de marcher sur les traces de tous ceux qui nous ont précédés, de regarder la montagne comme ils l'ont regardée, de s'arrêter pour respirer aux mêmes endroits qu'eux. C'est bien plus intéressant que suer et souffler sur une pente sans histoire humaine, une pente animale. Ils m'attendent en haut, et me blaguent sur ma lenteur. Je ne suis pas plus sage qu'eux, en tous cas pas tous les domaines. Juste plus âgé et plus limité lors des balades en montagne. Je n'ai plus leur souffle. Alors, je cultive une vision du monde qui m'arrange, ajustée à mes capacités : je reste à ma place.""

Ce texte me convient dès lors qu'il m'arrive d'être confrontée à ce genre de situation en randonnant avec des copains "randonneurs émérites purs et durs".

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